Mercredi 21 octobre 2009
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Dans tous les villages mayas de la péninsule du Yucatán, le murmure des prières pour les morts résonne le soir du 31 octobre. Pendant quelques jours avant, les festivités se préparent en vue de
cette semaine tant attendue pendant laquelle les morts yucatèques sont conviés à manger parmi les vivants. Cet événement annuel, connu sous le nom de hanal pixan – signifiant « la
nourriture des âmes », est célébré avec une ferveur qu’on peut hésiter à qualifier de « catholique ».
Au Yucatán, la période du hanal pixan est propice à une cérémonie qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Il s’agit d’exhumer les ossements des morts inhumés deux ou trois années
auparavant. Les sols peu profonds et secs de cette région facilitent cette pratique qui donne lieu à une cérémonie comparable à une veillée funéraire. Les os déterrés au cimetière sont bénis et
placés dans une petite boîte qu’on emportera dans la maison de la famille.
Les préparatifs commencent le 30 octobre, la nourriture est cuisinée et les fleurs sont cueillies. À minuit, on dispose sur les tables des fleurs, les mêmes que celles ornant les portes des
maisons, comme une invitation aux âmes à entrer. Sur la table, sont arrangés du chocolat, du pain et quelques bougies, toujours en nombre pair.
Une calebasse d’eau, dite x-p’o k’ab, servant à se laver les mains, est également placée comme offrande pour les morts. Une calebasse de boisson chocolatée, un morceau de pain et une
bougie ont été posés sur le pas de la porte, pour les âmes qui n’ont plus de famille. Les âmes qui se présentent en premier sont celles des enfants. Elles arrivent très tôt le 31 octobre, jour
considéré comme celui des enfants. Le premier repas qu’elles prendront sera leur déjeuner La nuit venue, on allumera des bougies sur chaque tombe, afin que les âmes des enfants (les
angeles) puissent retrouver leur chemin.
Le jour suivant est celui de l’arrivée des âmes des adultes. Elles sont reçues dans les mêmes conditions que celles des enfants. Des prières spécifiques leur sont destinées. Les tombes sont
balayées et garnies de fleurs. Le soir, il n’est pas nécessaire d’allumer des bougies sur les tombes des adultes car leurs âmes sont « assez grandes pour retrouver facilement leur
chemin ». Au Yucatán, les gens se rendent au cimetière le 2 novembre, emportant avec eux les restes des bougies utilisées pour les rituels domestiques et qu’ils allumeront sur les tombes
fleuries. Pendant la semaine où les âmes errent, on craint pour la santé des enfants. C’est pourquoi on noue un bracelet de ficelle autour des poignets des plus jeunes afin d’éviter qu’ils ne
soient emportés par celles-ci. À la fin de cette huitaine, elles sont renvoyées avec les mêmes égards que ceux dispensés lors de leur accueil. Le 7 novembre, ce sont les âmes des enfants qui
partent et, le lendemain, celles des adultes !
L’importance donnée aujourd’hui à ce culte va néanmoins bien au-delà de la simple commémoration des morts et subsiste une pensée maya qui ne voit dans la mort qu’un changement d’état. Les
ancêtres non seulement perdurent dans la mémoire des vivants mais coexistent régulièrement avec eux…….